Campagne publicitaire lancée pendant la Conférence sur le changement climatique de Bonn appelant l’Azerbaïdjan à prouver son engagement envers la « COP de la paix » en libérant les prisonniers politiques arméniens.
06/06/2024
L’Union d’Artsakh a publié aujourd’hui des publicités dans Politico Europe dénonçant l’hypocrisie des autorités azerbaïdjanaises qui promeuvent le concept de « COP de la paix » tout en menant un génocide contre les Arméniens.
La campagne publicitaire appelle l’Azerbaïdjan, pays hôte de la COP29, à concrétiser sa prétendue vision d’une « COP de la paix » en libérant les prisonniers politiques arméniens. Cette initiative coïncide avec la semaine d’ouverture de la Conférence de Bonn sur le changement climatique, au cours de laquelle les experts fixent le programme des prestigieuses conférences COP qui réuniront les dirigeants mondiaux à Bakou plus tard cette année.
Ces publicités provocantes font suite aux déclarations de Hikmet Hajiyev, conseiller pour la politique étrangère du président azerbaïdjanais Ilham Aliev, qui avait affirmé en mai que son pays souhaitait faire de la « COP29 une COP de la paix ». Cette affirmation a suscité de vives critiques, de nombreux experts soulignant les actions génocidaires du gouvernement contre les Arméniens ethniques et ses violations persistantes des droits humains.
« Le régime d’Aliev en Azerbaïdjan continue de détenir des prisonniers politiques et des otages arméniens, de détruire notre patrimoine culturel et nos biens sous occupation, de promouvoir systématiquement la haine ethnique anti-arménienne et d’empêcher le retour des habitants d’Artsakh déplacés de force vers leurs foyers. Ces actions, ainsi que d’autres crimes internationaux et nationaux, illustrent leur politique génocidaire continue contre le peuple d’Artsakh. Nos efforts visent à sensibiliser la communauté internationale aux violations incessantes du régime d’Aliev et à la nécessité urgente de libérer nos dirigeants et compatriotes détenus illégalement. La communauté internationale ne doit pas se laisser tromper ou distraire par la COP29 et doit exiger des comptes pour le génocide commis et les violations continues », a déclaré Artak Beglaryan, président de l’Union d’Artsakh et ancien ministre d’État d’Artsakh.
L’Union d’Artsakh est une organisation citoyenne créée par les habitants d’Artsakh (Haut-Karabakh), un État non reconnu envahi par l’Azerbaïdjan en septembre 2023, entraînant la fuite de la totalité de la population de 120 000 Arméniens autochtones. Dans le cadre de cette agression, les autorités azerbaïdjanaises ont arrêté huit dirigeants politiques arméniens d’Artsakh, qui restent détenus illégalement à Bakou comme otages en attendant la date de leur procès. Parmi eux figure le philanthrope et humanitaire international Ruben Vardanyan, qui a récemment mis fin à une grève de la faim de 21 jours pour protester contre leur détention illégale, la dégradation de leurs conditions d’emprisonnement et l’accès limité à une procédure équitable dans un système judiciaire opaque.
Juan Méndez, premier conseiller spécial des Nations Unies pour la prévention du génocide, a examiné ces faits et a solennellement confirmé que « un génocide a été commis contre les Arméniens ethniques du Haut-Karabakh, mais le danger de nouvelles souffrances de ce type est loin d’être écarté. La communauté internationale conserve la responsabilité d’agir pour protéger cette population de nouveaux préjudices. »
La Cour internationale de justice (CIJ) des Nations Unies a ordonné à l’Azerbaïdjan de garantir le droit au retour des Arméniens ethniques, en lui enjoignant de « prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir et punir les actes de vandalisme et de profanation visant le patrimoine culturel arménien, y compris, sans s’y limiter, les églises et autres lieux de culte, monuments, sites emblématiques, cimetières et objets », à la suite de son invasion l’année dernière. Malgré ces ordres, des images satellites récentes montrent la destruction de sites culturels et de bâtiments résidentiels arméniens, suscitant de vives inquiétudes.
La pression internationale sur l’Azerbaïdjan continue de croître à l’approche de la COP29, également connue sous le nom de Conférence des Parties, qui se tiendra en novembre prochain à Bakou. En avril, le Parlement européen a adopté une résolution réaffirmant que « les violations continues des droits humains en Azerbaïdjan sont incompatibles avec la préparation du pays à accueillir la COP29 ». Des sénateurs américains ont également appelé à la libération des dirigeants politiques arméniens détenus en Azerbaïdjan, et plusieurs membres du Congrès ont adressé une lettre de suivi exprimant leurs préoccupations à la mi-mai. Des sénateurs français ont, eux aussi, proposé des résolutions en faveur de sanctions contre l’Azerbaïdjan pour ses actions au Haut-Karabakh.
La Conférence de Bonn sur le changement climatique, qui a débuté le 3 juin, a accentué les critiques envers le gouvernement azerbaïdjanais, notamment de la part de l’Institut Lemkin pour la prévention du génocide, qui a publié une déclaration dénonçant l’Azerbaïdjan pour promouvoir une « COP de la paix » tout en commettant des actes génocidaires.
Aujourd’hui, l’Azerbaïdjan se classe derrière l’Arabie saoudite et l’Iran dans le rapport annuel de Freedom House sur la liberté dans le monde, avec un score de seulement 7 sur 100. Le pays occupe également la 164ᵉ place sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2024 de Reporters sans frontières, derrière le Venezuela et la Turquie.
Consultez la publicité pleine page en page 19 de l’édition imprimée de POLITICO Europe publiée le 6 juin.
